Pourquoi l’Alsace ne veut pas d’une fusion ?

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10606077_284638981723081_1916253094976273689_nInterpelé par de nombreux articles et commentaires ne comprenant pas la position des alsaciens sur la réforme territoriale, je vous propose d’exposer ici mon point de vue d’alsacien, d’expliquer le rejet de la fusion Alsace-Lorraine et nos craintes liées à cette réforme.

Pourquoi l’Alsace ne veut pas être dissoute dans un ensemble plus vaste ?

Parce qu’elle tient à son particularisme qui fait sa force :

– Le « Droit Local d’Alsace – Moselle »

Une surcouche du droit français auquel les alsaciens sont très attachés, aux origines historiques. Je vous invite à lire la page Wikipédia le concernant si vous voulez en savoir plus sur son contenu. Ce droit local, partagé avec le département de la Moselle seul, ne pose aucun problème particulier à la France, mais est régulièrement attaqué par les défenseurs hargneux d’une république égalitaire, souvent à cause de la jalousie qu’il suscite.

La région Alsace est une des seules entités permettant de défendre ce droit local.

– L’alsacien, la langue régionale de l’Alsace :

Dialecte hautement réprimé par la république française depuis 1945, l’alsacien est aujourd’hui en perte de vitesse et c’est vraiment dommage pour les jeunes alsaciens. D’une part il participe grandement à la richesse culturelle de notre région, d’autre part il est quasi-indispensable en zones rurales pour communiquer avec les personnes d’un certain âge. Ce dialecte est en outre compris par la plupart des allemands du Pays de Bade, qui parlent un autre dialecte « le Badisch » qui est très proche.

La région Alsace est une des seules entités qui soutient encore l’enseignement et le maintien de cette langue régionale.

– Son économie ne négligeant pas les pays voisins :

L’Alsace est bordée de l’Allemagne et de la Suisse. En 2012, 7,9 % des alsaciens actifs ont le statut de travailleurs frontaliers, c’est-à-dire qu’ils travaillent à l’étranger et qu’ils vivent en France. Ce nombre, s’il est aujourd’hui encore important, est en chute libre depuis le début des années 2000 notamment parce que de moins en moins de jeunes parlent l’alsacien et plus généralement parce que l’éducation nationale ne fait rien pour les encourager à s’ouvrir aux pays voisins.

La région Alsace soutient les écoles bilingues, ainsi que les investissements transfrontaliers avec ces deux pays.

Pourquoi ce particularisme est-il menacé par la dilution de l’Alsace dans un ensemble plus vaste ?

Tout simplement parce qu’en terme de démographie l’Alsace représentera moins d’un tiers de cette nouvelle région, et que les deux autres régions ne partagent pas les mêmes priorités.

L’Alsace cherche-t-elle à se replier sur elle-même ou à s’isoler ?

Pas du tout, l’Alsace n’a aucun problème avec ses voisins lorrains et champenois et ardennais. Elle est totalement ouverte à un travail collectif et à des partenariats renforcés avec ces régions tout comme avec les régions outre-Rhin.

En Alsace on a plutôt la perception que cette fusion à pour but de nous isoler des pays voisins, pour qu’on ne travaille plus qu’avec les autres régions françaises.

Le refus de la fusion est un mouvement identitaire lancé par la droite locale ?

Avant qu’on ajoute Champagne-Ardennes les alsaciens étaient d’accord pour la fusion ?

Pas vraiment non plus. Aux débuts de la réforme territoriale il était question de fusionner Alsace et Lorraine, l’UMP régionale incarnée par Philippe Richert (Président du conseil régional) s’est montrée plutôt favorable et a engagé le dialogue avec les élus socialistes lorrains. En pratique les habitants de l’Alsace sont depuis toujours opposés à toute fusion dans leur grande majorité. Il existe par exemple sur internet un sondage France Bleu Alsace datant de juin, avant tout revirement de la droite alsacienne qui donnait 87% au NON à la fusion Alsace-Lorraine seule. Ce n’est qu’après l’adjonction de la région Champagne-Ardennes en juillet que la droite alsacienne (mais aussi l’UDI et les Verts) ont entendu la volonté du peuple alsacien. En fin de compte il n’y a que les élus PS alsaciens qui sont pour une fusion, probablement parce qu’ils ont prêté allégeance à Manuel Valls.

Le Conseil Unique d’Alsace avait pourtant échoué son référendum en 2013 ?

Les politiques de tous bords qui veulent dissocier l’Alsace du nouvel ensemble en font leur argument majeur pour convaincre députés et sénateurs. Or ce projet avait été rejeté par référendum en 2013.

Si à l’époque le nombre de votants n’avait pas suffit dans le Bas-Rhin, et le NON avait gagné dans le Haut-Rhin, on peut largement discuter du message donné par le vote.

Pour ma part, mais çà n’engage que moi, c’est avant tout un projet mal ficelé qui a été rejeté, espérons que celui qui est discuté aujourd’hui sera meilleur.

Dans l’ensemble je doute fortement que les alsaciens soient réticents à l’idée de réunir leurs deux départements.

Une région seule aura moins de pouvoir ?

Qu’on m’explique alors pourquoi on a laissé seul la Bretagne (*parce Le Drian est au gouvernement et qu’on a peur des bonnets rouge), les Pays-de-la-Loire (*parce qu’ils ne sont interessés que par la Bretagne et que cette dernière préfère rester seule), le Centre (*parce que d’un point de vue économique aucune des régions voisines n’est interessée par cette région), l’Ile-de-France (*parce que c’est les meilleurs et ils ne fusionnent pas), PACA (*je ne sais pas mais c’est sans doute tout aussi sombre).

* Ces arguments sont les plus intelligents que j’ai trouvé pour justifier ces autres isolements.

Les alsaciens ne veulent pas partager leur richesse ?

Effectivement les indicateurs économiques ramenés au nombre d’habitants sont sensiblement meilleurs en Alsace qu’en Lorraine voisine.

Le PS au niveau national et les autres bords au sein de la Lorraine et de Champagne-Ardennes ne voient que cela et ils sont prêts à tout pour fusionner avec nous parce qu’ils veulent tirer un bénéfice de cette prétendue richesse.

Si dans la pratique on peut douter de notre capacité à enrichir l’ensemble étant donné notre petite taille, il est en revanche certain que toute fusion aboutira à notre appauvrissement.

Les alsaciens sont-ils pour autant des égoïstes ?

A mon gout le partage des richesse s’effectue déjà au niveau de l’état français, il n’y a donc pas lieu de doubler ce partage.

Rappelez vous du début de la réforme quand Champagne-Ardennes a refusé massivement la Picardie parce qu’elle était selon eux trop pauvre. Les mêmes élus champenois sont maintenant pour toute fusion avec l’Alsace parce que l’Alsace est riche, rien de plus.

Regardez la réticence de Martine Aubry et de la région Nord-Pas-de-Calais concernant cette même région Picardie. Regardez l’abandon total de la région Centre alors qu’elle est bordée de la région la plus riche de France qui se garde bien de fusionner avec qui que ce soit.

Si nous sommes égoïstes, alors nous ne sommes certainement pas les seuls.

Pourtant l’Alsace et la Lorraine ont la même histoire non ?

Euh, il faut remonter vraiment très loin pour trouver une histoire commune à ses deux régions. Si ce qu’on considère comme histoire commune est la succession de changement de pays alors non, ce n’est pas de la Lorraine qu’il s’agit, mais uniquement de la Moselle.

En pratique nos deux belles régions sont séparées par un massif montagneux appelé Vosges le bassin économique alsacien n’a de continuité qu’avec la vallée rhénane, un pont suffisant pour traverser un fleuve, là où des routes à péages ou des cols nous séparent du bassin économique lorrain.

Les alsaciens veulent dissocier la diviser la république française ?

Cette théorie émanant de notre premier ministre relayée par le PS alsacien relève de la science fiction. S’il existe bien un parti politique régionaliste, autonomiste et centriste Unser Land, les actions des autonomistes ont toujours respecté la république française.

Il est évident que le mépris de Manuel Valls, ne nous écoutant pas, allant jusqu’à nier notre existance devant un parlement applaudissant notre humiliation, donne des rêves d’autonomies croissants à certains d’entre nous et que ce dernier ne fait qu’augmenter la vive tension que suscite ce débat.

Vous l’aurez compris, si on veut de cette fusion, on veut tuer l’Alsace aussi bien culturellement qu’économiquement.

C’est pour çà que le peuple alsacien (pardon Manuel) dit NON

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Allo, Alsacos, bobo !

On ne veut pas de la Grande Région Alsace-Lorraine-Champagne -Ardennes, même pas de l’Alsace-Lorraine dans les milieux alsaciens conservateurs, organisés avec de nombreux élus, parlementaires et autres. L’Alsace, un point c’est tout.

De là les regrets et la désolation pour beaucoup de Mosellans, particulièrement ceux de l’Est frontalier et ceux vivant en Alsace, outragés par l’incommensurable mépris de tout ce qui ne serait pas Alsacien, d’une Alsace fièrement repliée sur elle-même, dans le grand Est, alsacianophone, toute variante exclue… « Restons entre nous, dans notre nid de cigogne, ridiculement devenue rebelle ! ». Sic, pour la cigogne rebelle : un slogan ! Mais ce n’est pas du La Fontaine. Le bel oiseau se voyant ainsi honoré, doublera-t-il aussi les amas de fiente fertilisante au pied de son gîte ?

Heureusement tous les Alsaciens ne sont pas à ce point régionalistes étriqués !

Quoi ? Une Histoire, figée, désuète ? Quelles racines ? Quels arguments ?

« Cujus regio ejus religio » (en clair « tel prince, telle religion ») ? Bon nombre d’Alsaciens ne peuvent savoir à quel prince « ils » appartenaient jadis, pour la plupart parce que leurs ancêtres venaient d’ailleurs et même d’ailleurs encore, d’un ailleurs lointain, plus loin dans l’espace et le temps, déjà d’Outre-Rhin forcément et même de l’autre côté de la ligne bleue ( inventée) des cartes d’Etat-Major. Dès lors, quelle unité acquise, à la racine du bel arbre ? Quels princes élus aujourd’hui pour lui faire porter des fruits ?

L’Histoire Moderne par les traités de 1648 puis 1681 pour Strasbourg, plus tard encore pour le sud butténerrois serait elle plus unificatrice ? Les purs et durs doivent encore souffrir de l’invasion française, les pauvres, ici régionalistes et là jacobins, plus français que français, tout en étant plus alsacien qu’alsacien et plus encore….

L’Histoire contemporaine alors ? Alors là, nous sommes nombreux à n’avoir pas choisi… à part quelques rares héros dans l’épreuve. Rares, comme entre autres, Pierre Bockel (le chanoine) qui le disait en connaisseur, haut et fort, l’ancien aumônier de la brigade Alsace-Lorraine commandée par Malraux, son ami : « La résistance a été maigrichonne en Alsace ». On peut comprendre d’une certaine manière cette spécificité infligée par une Histoire douloureuse.

Mais, diable qui donc a renoncé à la langue dialectale alémanique ou francique comme la mienne par exemple ? Quand ? Quid des lois d’après conflit qu’on s’est attaché à oublier, parfois vainement aussi ? Etait-ce bien nécessaire si ce n’est pour « traficoter » aujourd’hui une unité factice. « Alsace Unie » ? A fins électoralistes surtout dans les campagnes.

Que n’a-t-on suivi alors l’imparable logique de Richert, le président de Région qui, alors ministre, avait vraiment « chiadé » la question pour sa Région et plus loin. L’Alsace serait apparue comme un exemple sûrement susceptible de peser utilement sur ce nouveau projet, incohérent certes en l’état, mais que souhaitaient tous les bords pour des raisons d’économie administrative, disait-on. En gros, c’est ce qu’on préconisait, logiquement dans le principe mais à chacun son choix postérieur. Comme le fit savoir le référendum.

Aujourd’hui pour éviter toute confusion entre Nord et Sud de l’Alsace, à l’unisson, faux-culs d’alors compris, tous rejoignent le président,…enfin. Chapeau Monsieur Philippe Richert, c’est un gouvernement dit de gauche, qui peut-être réussira, chez vous, à faire aboutir votre projet si soigneusement élaboré ! Ce n’était donc pas en vain. Mais il y a désormais des dégâts collatéraux, des deux côtés de l’oppidum, cerné par l’ennemi imaginé ou des voisins méprisés, fondement de cette union sacrée ridicule dans cet esprit-là et mille fois vaine. Vous, vous ne pouvez être contre l’Alsace-Lorraine, vous qui êtes quasiment frontalier des deux, si l’on peut dire !

Courageux et sinon unificateur du moins conciliateur, le président PS de la CUS( Communauté Urbaine de Strasbourg) Robert Hermann qui a ouvert les portes à une opposition raisonnable dans l’institution qu’il préside, s’est clairement déclaré pour une région Alsace-Lorraine. Il n’a pas confondu le cursus honorum professionnel comme certains dont l’ascension politique a accompagné les promotions par exemple celle de l’instituteur politique promu, à terme, proviseur sans doute par des élèves électeurs …et bien d’autres situations identiques.

L’Unité par la Langue, l’argument premier.

Unité allemande et l’unité italienne, au XIX° siècle, au nom de quoi ? Une unité ethnique qui s’appuie sur une langue ? Bien sûr, chers Alsaciens que c’est bien plus complexe, cependant tout de même moins que l’Identité Française, (notre Etat-Nation) , dont on sait qu’elle a été forgée, souvent à douleur, ne suscitant ici et là que rébellions et haines, exprimées dans des langues, des dialectes ou des patois très différents. Il a fallu des ordonnances, des lois, une Constitution pour imposer le français à « La grande Nation ».

L’actualité en Ukraine par exemple montre les dégâts encore incommensurables pour l’heure que le panslavisme russe peut produire. Tous les « pan » en préfixe ( tout) portent et porteront toujours leur corollaire, c’est à dire l’exclusion.

Et puis au « Salon imaginaire des Régions Unies » on ne veut pas de voisins trop pauvres comme la « Meuse endormeuse » de Péguy : nommer le poète, c’est rendre hommage à toutes les victimes et particulièrement en terre Lorraine, à Verdun. Combien de vies perdues, combien de « malgré-nous » avant la suivante où l’on créera l’appellation contrôlée, des deux côtés, qu’on se le dise.

Le monument aux morts de la place de la République à Strasbourg dit tout. Serait-ce compris par les cigognes qui ne s’installent pas place de la république.

De leur côté les Vosgiens semblent assez indifférents, en apparence du moins, car ils se savent impuissants comme les Meusiens d’ailleurs en raison de leur poids démographique et surtout de leur PIB. On y travaille pourtant et fort bien, souvent pour de plus grandes entreprises alsaciennes. Curieux mépris pour les moins riches !

Pour les Meurthe et Mosellans et particulièrement Nancy, la concurrence avec une cité Européenne comme Strasbourg est insurmontable mais pourquoi pas d’adhésion-participation ? Et puis Metz a bien du charme en Moselle aussi ! Danger pour autant ? Celui de voir apparaître une coopération renforcée ente Moselle et Luxembourg

Alors quoi ? La crainte de la perte de l’appellation de vins d’Alsace et autres produits dûment estampillés ? Pourquoi pas Bugatti tant qu’on y est ? Plus que ridicule.

A tout cela en dépit de la qualité du « made in Alsace », je préfère Albert Schweitzer, l’enfant de Kaysersberg, étudiant sans préjugés jusqu’à l’obtention de doctorats de philosophie, de théologie et enfin de médecine, à Strasbourg, à Berlin et à Paris. Pour enfin étendre sa vie d’Alsacien et son action de premier humanitaire jusqu’à Lambaréné au Gabon.

Avec une cantate de J.S Bach comme fond musical.

Reste à imaginer une grande région aux frontières avec le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse. L’alsacien pas plus que les autres dialectes n’y serait interdit.

Antoine Spohr.

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Des leçons de patriotisme en Alsace

L’actualité récente, de la réforme territoriale, soulève de vives tensions en France et particulièrement en Alsace, si bien que dans ma région, l’Alsace, la question identitaire a pris le dessus dans le débat. Le comportement nauséabond, au nom du patriotisme, de certain me donne envie de mettre en lumière des parts d’ombres dans l’histoire française.

Depuis le début de la protestation massive des alsaciens contre la dilution de leur région, on leur fait quotidiennement des leçons de patriotisme, n’hésitant pas à rappeler les heures les plus sombres de notre histoire. Chaque tentative d’expliquer nos arguments légitimes échoue inéluctablement se heurtant à un repli identitaire français, qui s’imagine (ou plutôt qui manipule l’opinion publique en faisant croire) qu’on veut diviser, ou faire exploser la France. Manuel Valls est l’auteur de la phrase la plus blessante pour nous : « Il n’y a pas de peuple alsacien, il n’y a qu’un seul peuple français » (je salue au passage l’auteur breton de cet article, avec tout le respect que j’ai pour la Bretagne).

Une phrase complètement hallucinante en 2014, tant la négation de la diversité française relève d’un fantasme raciste ou jacobin (oulà j’ai prononcé le mot raciste, on va donc immédiatement me rappeler dans les commentaires que ma région a parmi les meilleurs scores FN de France, j’y reviendrai dans un autre article, promis). Une phrase qui est en outre extrêmement choquante pour beaucoup d’autres peuples français qui ne se sont pas encore entièrement fondus dans le moule parisien, comme le souhaite la république (bretons, corses, occitans, savoisiens, basques et autres que je remercie de leur soutient régulier dans la bataille contre l’éradication des identités régionales).

Le mythe de la « République une et indivisible » est pour moi également une pure formule nationaliste qui ne sert qu’à éradiquer toute pensée allant à l’encontre du centralisme, pour couper court à tout éventuel débat.

Définition du mot peuple dans un dictionnaire français :

« Un peuple est une communauté vivant sur un même territoire ou, par extension, unie par des caractéristiques communes comme la culture, les mœurs, la langue… ».

Manuel Valls semble malheureusement également oublier que la France reconnait officiellement le peuple corse et le peuple kanak, dommage qu’on habite pas sur un île.

Vous avez donc dit une belle connerie M. Valls.

Seulement voilà, depuis l’imaginaire affront que l’Alsace a fait à la France, de vouloir préserver une organisation territoriale qui fonctionne très bien chez elle. On voit fleurir de plus en plus de publications et de commentaires agressifs partout sur le net. D’une part des alsaciens disent parfois des sales choses, non fondées sur lorrains et champenois, ce que je déplore, mais c’est quand même normal que les esprits s’échauffent quand on fait passer en force une réforme antidémocratique contre l’avis de près de 9 alsaciens sur 10. D’autant plus que cette misérable réforme n’apportera rien à la France.

D’autre part on voit d’autres alsaciens (qui ont visiblement honte de l’être), des lorrains, des champenois, des parisiens et aussi plein de nationalistes (pas forcément FN ou racistes), qui jouent sur nos nerfs à rappeler tout le temps les heures les plus sombres de notre histoire, pour essayer de nous faire renoncer à notre région. A ceux là je leur dis, et c’est là qu’on arrive au point central de cet article :

JE N’ACCEPTE PAS ET JE N’ACCEPTERAI JAMAIS
QUE LA FRANCE DONNE DES LECONS DE PATRIOTISME AUX ALSACIENS.

Pourquoi ? Parce que si nous ne sommes évidement pas parfait, que nous ne valons pas mieux que les autres peuples français, l’histoire de l’Alsace est entachée par de multiples exactions de la part de la république française. L’Alsace n’a absolument pas à rougir de son histoire et elle n’a que faire des leçons de patriotisme des jacobins qui ne connaissent rien à son histoire.

Je commence à 1870 sans développer les drames de la révolution française et le massacre lorrain de la guerre des paysans, sujets que je ne maitrise pas assez.

En 1871 Napoléon perd la guerre qu’il mène contre la Prusse. S’en suit un armistice et le Traité de Francfort où l’Alsace et la Moselle ont été données à l’Allemagne à la suite de négociations. Vu qu’on a négocier de donner Alsace-Moselle, contre leur gré, à l’Allemagne, contre des avantages, en Alsace vous entendrez souvent dire que la France nous a « vendu » à l’Allemagne.

C’est suite à un vote de l’assemblée nationnale, quasi-unanime que nos départements sont devenus allemands. Pour la petite histoire, quand les trois députés sont sortis de l’assemblée nationale dans l’indifférence générale, parce qu’ils n’étaient plus français, un seul député a pris la peine de se lever pour les saluer.

Alsace et Moselle sont alors restées 47 ans allemandes. Tout à fait logique donc que l’Alsace qui était germanophone autant que francophone déjà avant 1870 s’est progressivement sentie allemande, tout comme elle se sent aujourd’hui française. N’allez pas me parler de nazisme à l’époque, les états allemands valaient entièrement le régime napoléonien.

Petite parenthèse, Alsace et Moselle ont progressivement obtenu une certaine autonomie dans l’Allemagne de l’époque, ce qui fait que certains considèrent souvent que 1911-1914 était la meilleure période pour les alsaciens. Donc toute théorie disant que la 1ère guerre nous a sauvé est peu fondée.

De la première à la seconde guerre mondiale

Puis arrive la guerre de 14-18. Là, comme les poilus, les alsaciens et les mosellans, se battant pour l’Allemagne, découvrent l’horreur de la guerre des tranchées entre autres au Hartmannswillerkopf (le Viel Armand, « la mangeuse d’hommes »). La plupart des alsaciens qui y sont morts, sont morts sous les balles françaises. Avouez que dans ce contexte, il est blessant de voir des propos du style « Vous êtes bien contents que les poilus français aient donné leur vie pour que vous redeveniez français »

Non monsieur je ne suis pas content, je suis d’ailleurs terriblement triste pour eux, tout comme pour les soldats allemands qui étaient de l’autre coté du front qui se sont tous entretués pour décider de notre nationalité. Tout comme je suis triste pour toutes les victimes collatérales de ce conflit, qui n’ont jamais rien demandé à personne.

Je trouve çà extrêmement malsain, qu’aujourd’hui en Alsace, on ne rende hommage qu’à la victoire française lors des commémorations du 11 novembre. Certains l’ont bien compris.

Arrive l’armistice de 1918 qui nous a « sauvé » de l’Allemagne. « Souriez, puisqu’on vous dit que vous êtes sauvés ! ».

Si on nous a accueilli les bras ouvert pendant quelques jours, la réalité a très vite changé et on nous a fait payé d’avoir été allemand (pourtant c’est la France qui nous a vendu à l’Allemagne). Je vous invite à lire cet excellent document mosellan qui relate des faits qui sont comme par hasard complètement absents des manuels scolaires français. A cette époque là, la France a commis d’innombrables exactions, pour franciser brutalement, les territoires retrouvés. Actions excusées par des propos tout aussi nauséabonds que « La république est une et indivisibleé ». C’est dire le vide que provoque en moi cette formule.

On mettait par exemple les habitants de l’Alsace-Moselle dans différentes catégories en fonction de leur degré de germanisme qui étaient marquée sur leur carte d’identité. Je vois là une certaine analogie avec l’étoile jaune qu’on faisait porter au juifs, plus tard. Ceux qui faisaient parti de la pire « race », la catégorie D, ont carrément été expulsés vers l’Allemagne, même s’ils étaient nés en Alsace.

Pour ceux qui ont eu l’honneur de rester en France, le pays des droits de l’homme et du citoyen, qui s’est battu pour nous sauver de l’oppression allemande (oppression vraiment très soft avant la première guerre mondiale), ils ont connu une véritable politique visant à leur arracher tout ce qu’il y avait en eux pouvant rappeler un quelconque germanisme.

Dommage puisque que la composante germanique de l’alsacien était bien plus vieille que 1870, qu’elle datait du XII siècle. Il fallait faire d’eux des parfaits petits français sur le modèle parisien. Ca s’appelle comment çà quand la France parle d’un autre pays qu’elle-même ? Ca s’appelle l’épuration ethnique. C’est du même niveau que les délires hitlériens de la suprématie de la race germanique. La France voulait elle aussi éduquer les peuples inférieurs pour leur appliquer son modèle par la force.

Pendant ce temps là il y eut aussi le Diktat, l’humiliation absolue du peuple allemand, désigné seul responsable de la première guerre mondiale. Dont on pense aujourd’hui qu’il a joué un rôle primordial (avec le Krach de 29) dans la montée du nationalisme allemand et dans le déclenchement de le seconde guerre mondiale, c’est donc pas non plus très glorieux pour la France.

La seconde guerre mondiale

On en arrive à 1939-40, le plus gros traumatisme commence. Les civils alsaciens et lorrains sont évacués vers le sud ouest de la France, où ils sont souvent très mal accueillis parce qu’on les considère allemand. (Ils ne pouvaient donc pas accueillir les allemands à bras ouvert comme on peut souvent l’entendre dans l’imaginaire collectif français, puisqu’ils n’étaient pas chez eux).

La guerre éclate, l’armée française fuit et oppose très peu de résistance à l’envahisseur, ce qui déçoit énormément les alsaciens par rapport à la France valeureuse qu’on leur a vanté depuis 1918 à coups de propagande. Revenant sur leurs terres, ils constatent le fait accompli, l’annexion se préparait.

Cet épisode vaut aujourd’hui encore le surnom de « Hàsebock » (lièvre) au reste des français, de la part des alsaciens et des mosellans, parce que l’armée française a détalé comme des lièvres, devant l’armée allemande. « Hàsebock » désigne aujourd’hui par extension, un non dialectophone.

Quelque mois après la France n’a montré aucune réticence à laisser les allemands annexer Alsace et Moselle. Ce qui apparait pour les alsaciens une nouvelle fois comme un abandon.

Seuls une fois de plus, les alsaciens ont donc du vivre occupés, dans des conditions bien pires que le reste de la France. Il leur était par exemple interdit de parler français ou alsacien (dire qu’aujourd’hui encore on se fait traiter de nazi quand on parle alsacien). On avait notre camp de concentration rien que pour nous : le Struthof, tristement célèbre, tant d’alsaciens y ont séjourné parce qu’ils ont osé à un moment ou à un autre se montrer hostile au régime nazi.

L’armée allemande a permis très tôt aux volontaires d’Alsace-Moselle d’entrer dans ses rangs. Moins de mille personnes ont répondu à l’appel soit 0,6 % de ceux qu’on allait ensuite appeler les malgrés-nous. Pourtant aujourd’hui à cause de la désinformation massive, certains prétendent que « la majorité des malgrés-nous n’étaient pas malgré ».

En 1943, 100 000 alsaciens et 30 000 mosellans sont enrôlés de force dans la Wehrmart et dans la SS. Ceux qui prétendent que les SS étaient tous volontaires se trompent donc également. Cet enrôlement fait malheureusement participer 13 d’entre eux au massacre d’Oradour + un 14e qui a été reconnu volontaire dans la SS, qui a été exécuté, tandis que les 13 autres ont bénéficié d’une amnistie.

Oui ce qui s’est passé à Oradour est d’une horreur terrifiante, un crime de guerre, une honte inqualifiable. Mais qu’il en résulte des phrases du type « de toute façon la plupart des malgrés-nous étaient volontaires », il y a un fossé abyssal avec la réalité et ce dont on en pense trop souvent en France.

Dois-je rappeler que la plupart des malgré-nous étaient envoyés au front russe ?

Que s’ils refusaient de servir l’armée allemande, ils étaient fusillés, et leur famille tout entière pouvait l’être, ou au mieux, internée au Struthof en représailles ?

Parmi les héros qui ont essayé de se rendre aux russes, la plupart étaient exécutés sur le champ parce qu’ils étaient incapable d’expliquer leur situation aux soldats russes.

Dois-je rappeler aussi que pendant que la France fêtait sa victoire, 18 000 malgré-nous étaient retenus prisonniers dans des conditions épouvantables (on parle d’une ration alimentaire journalière deux fois moins calorifique qu’à Auschwitz) jusqu’en 1955. Dix ans de captivité dans des camps de concentrations alors que le reste de la France a connu moins de 5 ans de guerre.

Dois-je rappeler encore que c’est les autorités françaises qui insistaient au près de l’URSS pour ne pas que pas que ces prisonniers soient libérés évitant ainsi de produire des témoignages négatifs sur le communisme ?

Oui j’ai énormément de choses à rappeler parce que la république française prend soin de censurer cette réalité, comme beaucoup de pages sombres de l’histoire française, en ne la faisant pas figurer dans ses ouvrages scolaires ou alors très peu.

Il est très facile de critiquer les malgré-nous en 2014 dans une France en paix, derrière son ordinateur. Moi je n’ai pas la prétention de pouvoir affirmer avec certitude que j’aurais tenté quelque chose d’héroïque pour me révolter, si j’avais été à leur place.

Après la guerre, on pourrait penser que là c’était la fin des problèmes pour les alsaciens, mais non la réintégration à la France c’est faite elle aussi dans la douleur.

Depuis 1945 la France essaie à nouveau de nous franciser pour nous fondre dans la masse, n’ayant pas compris sa grossière erreur de l’entre deux guerres. Evidemment l’Alsace n’est pas la seule victime de cette francisation (ou plutôt cette parisienisation vu que la France est normalement constituée d’une certaine diversité de peuples) de masse.

Mais chez nous ce qui est encore pire, c’est qu’on a instrumentalisé la guerre pour faire croire aux alsaciens eux même que leur langue, leur culture étaient souillés par l’occupation nazie.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui la France a pratiquement réussi à faire ce que l’Allemagne nazie n’a pas réussi à faire de nous : anéantir notre identité (moins de 3% des moins de 17 ans alsaciens comprennent encore la langue régionale, la quasi-totalité d’entre eux ignorent partiellement ou totalement les faits historiques que je rassemble dans cet article).

Alors quand je vois des politiques actuels dire explicitement qu’il faut à tout prix fusionner l’Alsace pour effacer son identité, que je lis tous les jours des commentaires de donneurs de leçons invoquant des faits pseudo-historiques et patriotiques pour dire des mensonges sur l’Alsace, çà me met hors de moi.

Les Cazeneuve et autres qui prétendent que l’identité alsacienne ne sera pas menée à mal dans le nouvel ensemble, semblent ignorer totalement que la France éradique cette identité depuis 1798. En tout cas ils n’ont jamais senti la souffrance d’un peuple à qui on arrache sa langue et son histoire.

Dernière chose pour ceux qui ne l’auraient pas compris

J’aime la France, tout comme j’aime l’Allemagne d’aujourd’hui et l’Europe, tout comme j’aime l’Alsace et tout comme je me sens français parce que je suis né en 1989 en France.

Mais comme tous les alsaciens de cœur, mon ennemi s’appelle le jacobinisme.

Je ne veux plus jamais que quelqu’un de l’intérieur vienne me donner des leçons de patriotisme. Ca suffit !

Ne tuez pas l’Alsace ! Du moins n’accélérez pas le processus jacobin qui la tue petit à petit depuis la révolution française.

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La droite mène le combat de l’Alsace

Jeudi dernier, contre l’avis du premier ministre, le sénat a confirmé son souhait de maintenir une carte à 15 régions, en particulier la région Alsace. Cet épisode était prévisible.

Le premier ministre avait tenu mardi 14 octobre des propos qui ont enflammé la droite alsacienne. Interpellé par le député UMP du Bas-Rhin Patrick Hetzel, Manuel Valls a déclaré « il n’y a pas de peuple alsacien, il n’y a qu’un seul peuple français », en ajoutant « je m’opposerai avec la plus grande détermination à ce que tout projet vise à défaire notre pays et la Nation ».

Le samedi précédent, une manifestation à l’appel de l’UMP locale avait réuni entre 7000 et 20 000 personnes opposées à la nouvelle carte des régions à Strasbourg. Patrick Hetzel a souligné l’importance de ce fait et demandé au ministre confirmation de propos jugés réducteurs de sa part sur la région Alsace, retransmis par un député PS favorable à la fusion.

La réponse de celui-ci a entraîné de vives réactions. Le président du conseil général du Haut-Rhin a fustigé « le soupçon d’une Alsace qui voudrait faire éclater la France ».

Un nouvel épisode de la polémique créée par la réforme des régions.

Seule région de métropole dirigée par l’UMP, l’Alsace est peu encline à accepter la fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne décidée par la majorité actuelle.

« « Je n’ai jamais parlé de peuple alsacien, mais de peuple d’Alsace » a rappelé le député Hetzel. Le premier ministre a alimenté le soupçon d’un pouvoir central méfiant vis à vis des identités régionales historiques et enclin à les dévaloriser dans le cadre de sa réforme. Les régions peuvent être étonnées de se voir suspectées de déloyauté par des pouvoirs centraux qui semblent avoir plus de facilités à dire « comment il faut être et penser » que ce qu’il faudrait faire pour s’en sortir tous ensembles…

Les alsaciens ont réussi à faire entendre leur voix avant l’examen du projet de loi délimitant les régions par un sénat dont la majorité venait de repasser à droite.

On peut comprendre la tentative Alsacienne, tant cette réforme semble peu compréhensible. Le découpage des régions n’a pas été pointé du doigt par la cour des comptes, contrairement aux dérives de personnel entre communes, intercommunalités, départements et conseil régional au sein des régions connues. Et comme par ailleurs, pour garder les radicaux de gauche de son côté, le premier ministre leur a promis le maintien de la moitié des départements ruraux, l’impact de la réforme sur les vrais problèmes s’avère déjà limité. Le sacrifice d’une région à forte identité culturelle et historique comme l’Alsace ne se justifie pas vraiment, surtout quand il n’y rien de quantifiable et quantifié à la clef….

Cependant, le dernier mot revenant aux députés, et il y a fort à parier qu’après ce baroud d’honneur des sénateurs, les Alsaciens regrettent de ne pas avoir eu de baron socialiste, dans les bonnes grâces, pour les défendre au plus haut niveau et rejoignent les basques dans les identités régionales survivant hors de la reconnaissance administrative.

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Réforme territoriale : une affaire de politiciens

N-ième réforme totalement ratée de notre gouvernement, la réforme territoriale qui n’est plus qu’un ramassi d’arrangements entre le parti socialiste et les autres politiciens influents, a perdu toute son âme avant même de retourner à l’assemblée nationale le 18 novembre pour son examen en deuxième lecture.

Présenté par le gouvernement au mois de juin 2014, le projet de réforme territoriale, est un des sujets les plus médiatisés depuis plusieurs mois. Projet phare du gouvernement Valls, enjeu majeur pour le pouvoir socialiste qui a déjà montré son incompétence dans bien des domaines, comme l’emploi, la fiscalité, la compétitivité, la maitrise des dépenses, le logement, l’éducation, la mise en place de l’écotaxe, on assiste une fois de plus à un projet d’amateurs, qui pose plus de problème qu’il en règle. Chronique d’une réforme politicienne morte avant même d’être née.

Des objectifs qui étaient pourtant clairs

A la base, cette réforme s’appuie sur divers rapports incriminant le mille-feuille administratif français. Il a pour but de simplifier les entités administratives qui gèrent notre pays. Ces rapports partent d’un constat simple : les collectivités territoriales françaises coutent très cher et leurs rôles ne sont pas toujours très bien définis, ils sont parfois redondants et soufrent en général d’une complexité qui handicape le pays tout entier.

Le projet de réforme territoriale s’inscrit en outre dans une logique de décentralisation, dont la nécessité est reconnue de tous, mais qui peine à se mettre en place en raison de l’extrême ancrage du centralisme dans l’organisation française. Elle doit donc décentraliser des compétences, des pouvoirs, pour les répartir de manière équitable dans toute la France.

Cette réforme a donc le mérite de s’attaquer à un problème majeur d’organisation du pays et elle aurait pu potentiellement bénéficier à toute la France, si elle avait été bien engagée.

Une construction à l’envers

Seulement voilà, si le sujet est important, qu’il convient de travailler objectivement, d’écouter chacun, et de ne pas se précipiter dans des manœuvres politiciennes bâclées, l’entrée en matière a pour le moins été étrange.

Cette réforme qui doit entre autres transférer des compétences et des pouvoirs aux régions françaises, part sur un nouveau découpage des régions françaises, et puis c’est tout.

Il aurait pourtant été judicieux de commencer par le début : définir ce qu’on attend des futures régions. C’est bien la moindre des choses de définir le fond avant de vouloir trifouiller la forme. Au lieu de çà, non, on part sur des considérations mathématiques : les régions françaises sont trop petites (en nombre d’habitants) par rapport aux puissantes régions des voisins européens. On site alors systématiquement le Bade-Wurtemberg, qui avec ses 10,5 millions d’habitant a une économie un pouvoir fort au sein de l’Allemagne, alors que sa taille n’est absolument pas représentative en Europe. On veut donc absolument créer en France des régions qui ont le plus d’habitants possible, sans aucune justification historique, économique voire logique (voir mon article sur la fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes ressentie du coté alsacien).

Alors déjà c’est un peu bête de se focaliser sur le Bade-Wurtemberg, car en cherchant dans le reste de l’Allemagne ou trouve des Länders (équivalents de nos régions) très petits et tout aussi performants (Brême, Sarre, Hambourg, etc.). Coté Suisse, un autre pays performant, le plus grand canton a 1,3 millions d’habitants, çà ne l’empêche pas d’être une des collectivités territoriales les plus riches d’Europe.

Pourquoi alors ne pas voir ce qui fait le succès de ces régions voisines en Suisse ou en Allemagne indépendamment de leur taille : la décentralisation. L’allemande est une république fédérale, la Suisse une confédération. Ce sont deux états qui donnent des pouvoirs élargis à leurs régions. Le Bade-Wurtemberg dont on aime tellement s’inspirer pour la taille a un budget de 35 milliards d’euros alors que l’ensemble des régions françaises ont un budget de26 milliards d’euros (chiffres 2010). Les régions françaises, dans leur état actuel ont donc en moyenne un budget 8 fois moins important ramené au nombre d’habitants (et encore l’Ile-de-France rafle une grande part du gâteau, ce qui fait une différence encore plus importante avec les autres régions françaises). Il ne faut donc pas chercher de midi à quatorze heures pour comprendre ce qui fait la richesse du modèle allemand.

Aucune économie à prévoir

Si les promoteurs du redécoupage des régions en faisaient le fer de lance de la réduction des dépenses, ils avouent aujourd’hui pour la plupart qu’aucune économie ne sera faite à court terme. Voilà une façon adoucie d’avouer qu’il n’y aura aucune économie tout court, et même de lourdes dépenses supplémentaires.

Les nouvelles entités régionales seront constituées de la somme des entités existantes. Il y aura donc au moins autant de fonctionnaires, de politiciens, de moyens. De plus, comme c’est toujours le cas en France, les fusions s’accompagneront d’égalisation des salaires au niveau des plus élevés. Les sièges actuels des régions n’étant pas adaptés pour autant de monde (car chaque nouvelle région aura une capitale unique), on devra construire de nouveaux locaux aux frais du contribuable, les anciens seront abandonnés. Tout ce beau monde va passer son temps sur la route (la région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes aura par exemple près de 500 km de long) et va accumuler des frais de déplacements et autres primes et avantages sous la table pour leur faire accepter d’abandonner leurs anciens sièges.

Il suffit d’ailleurs de voir ce qu’il s’est passé pour les cantons : on divise par deux le nombre d’entités, tout en augmentant le nombre d’élus. Suis-je le seul à considérer çà malhonnête ? Le politicien français est absolument incapable de faire sur lui-même les économies qu’il veut imposer à son peuple. Cette élite là profite de chaque occasion pour renforcer ses acquis et il est fort probable que nos politiciens seront les seuls gagnants de cet énorme jeu de chaises musicales.

Les départements

Composante majeure du projet initial, il était question de supprimer progressivement l’échelon départemental. C’est là qu’on aurait pu faire de belles économies, mais il est clair que cette solution radicale aurait marginalisé certains départements dans des grandes régions loin des métropoles. Qu’à cela ne tienne une fronde d’opposants à la disparition des départements s’est formée et vu que le PS avait besoin du soutient du Parti Radical favorable à leur maintient, Manuel Valls a fait demi-tour en déclarant que les départements seraient maintenus.

Voilà qui est dommage puisque c’est la seule chose qui devait rapporter. Plutôt que de découper des régions à la tronçonneuse dans le seul but de réduire leur nombre il aurait peut être été judicieux de scinder quelques unes d’entre elles pour leur permettre d’avoir des tailles plus appropriées. C’est çà qu’on aurait pu attendre d’une vraie réforme. Mieux vaut 30 régions sans départements que 13 régions en maintenant les départements.

Mais bon ici encore le Parti Socialiste a imposé sa nouvelle vision à la hâte.

Un projet sabordé par les intérêts politiciens

Etant moi-même contre toute fusion de ma région l’Alsace, j’aurais accepté de participer à l’effort collectif, si tout le monde avait reçu le même traitement, mais ce n’est pas du tout le cas.

-La Bretagne a le privilège de rester seule

Il se dit que la présence du ministre le Drian y est pour beaucoup, mais de toute façon plus jamais le PS n’osera froisser les bretons après le fiasco de l’écotaxe et c’est tant mieux pour eux.

– L’Île de France ne se mélange pas

Pourquoi faire comme les autres quand on concentre déjà tous les pouvoirs et toute la richesse de la France ?

– Le Centre reste seul parce que personne n’en veut

– La Picardie a changé de super région parce qu’elle était trop pauvre au gout des élus champenois.

(Les mêmes champenois qui traite les alsaciens d’égoïstes refusant d’écouter leurs arguments légitimes).

Bon ben c’est bien je suis content que beaucoup de monde ait été entendu.

Mais après avoir fait tant d’arrangements obscurs plus la concession au PR sur les départements, peut on m’expliquer qu’est-ce qu’il y a encore de légitime dans ce redécoupage ?

J’aimerais qu’on m’explique dans ce cas pourquoi nous en Alsace, où 87% de la population est opposée à toute fusion, on nous méprise, et on nous dilue dans une région plus grande que la Belgique, en nous faisant croire que nous sommes isolé, ou encore mieux que nous voulons diviser la république ?

Pourquoi aussi on n’écoute jamais les nantais qui aimeraient revenir à la Bretagne après en avoir été séparés par la France de Vichy ?

Visiblement il y a dans ce pays des gens qui ont les faveurs du PS et d’autres pas. Concernant l’Alsace, tout le monde s’accorde à penser que le PS cherche juste à supprimer une région qui ne vote pas à gauche.

Une solution pour faire des économies ?

L’assemblée nationale s’apprête à voter en seconde lecture la réforme proposée par le gouvernement. La commission qui s’en occupe a déjà annoncée qu’elle allait chier (pardonnez moi l’expression mais c’est ce qu’il en ressort) sur l’avis donné par le Sénat.

On y est donc, puisque la démocratie n’est de toute façon qu’un concept utopique dans ce pays, et que les réformes sont faites d’arrangements entre ENArques peu soucieux de l’avis des peuples de France, autant faire les bonnes mesures tout de suite : supprimer le Sénat, supprimer la moitié des sièges de députés, la moitié des conseillers territoriaux et on aura fait le double des économies espérées par la réforme territoriale.

A bon entendeur.


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