« Hollande ridiculise la France »

Le Point.fr – Publié le 07/01/2013 à 07:27 – Modifié le 07/01/2013 à 07:32

Pour Philippe Tesson, avec son idée saugrenue de taxation à 75 % finalement retoquée, le président a fait un fiasco total, provoquant les moqueries de l’Europe.

François Hollande, le 14 novembre 2012, à Paris.François Hollande, le 14 novembre 2012, à Paris. © Marlene Awaad / IP3 Press / Maxppp

On est ainsi fait, on a été élevé sur des principes, sur des valeurs, l’honneur, le patriotisme, l’orgueil, le respect de l’héritage culturel et moral, on n’est pourtant pas encore tout à fait ringard, on essaie de comprendre et même de tolérer le monde d’aujourd’hui… Mais quand même : lorsqu’on lit la manchette du Monde daté de samedi dernier, on ne peut pas s’empêcher d’être saisi par un léger malaise, un mélange de colère et d’humiliation. Quelle manchette ? « De plus en plus de Français veulent devenir belges »… C’est une simple information, c’est un fait, mais il est lourd de sens.

N’en faisons pas trop non plus, la chose est relativement inoffensive, elle est même un peu risible. Cela ressemble à une histoire belge. Devenir belge, quelle drôle d’ambition, si l’on ne savait pas pourquoi ! Or, on le sait, c’est pour payer moins d’impôts. Émigrer jadis à Coblence, cela avait plus de gueule ! Il ne s’agit pas ici de les condamner, ceux qui s’en vont, ce n’est pas notre problème, libre à eux. Que ferions-nous, nous, chacun de nous, si nous étions dans leur situation (financière) ? Paradoxe : on connaît des riches qui ne partent pas, bien qu’ils en aient les moyens, et l’on connaît des pauvres qui partiraient volontiers, mais qui ne le font pas parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Et puis « de plus en plus de Français », cela ne veut pas dire grand-chose si l’on sait que cela se compte en termes de quelques centaines.

L’insulte vient s’ajouter à la bêtise

Alors, pourquoi ce malaise ? Parce que, parmi d’autres signes, ce signe-là participe du désordre général qui règne aujourd’hui en France, où l’incohérence de la politique menée par le pouvoir socialiste a accru dans les esprits le désarroi et la confusion. L’autorité de l’État se trouve atteinte par les ambiguïtés, les contradictions, les absurdités de la pratique gouvernementale. Ces dérèglements aboutissent à des situations où le ridicule le dispute à l’incohérence et qui mettent en cause à la fois la logique et la morale. Le dossier fiscal et l’exil des grandes fortunes vers l’étranger qui en découle sont un exemple caricatural de ce délabrement.

Pour des raisons à l’évidence démagogiques, le candidat Hollande, contre l’avis de certains des siens, lance durant sa campagne l’idée saugrenue de la taxation à 75 %. L’initiative est cynique : c’est à peine si ses promoteurs se cachent de leur intention de n’en faire qu’un symbole, comme s’ils s’adressaient à un peuple de demeurés. Elle s’inscrit dans une stratégie primaire de dénigrement de l’argent, au mépris de l’intelligence économique élémentaire, selon une conception archaïque de l’égalité et au risque de diviser le pays, risque aujourd’hui abouti. La décision entre dans les faits dès l’arrivée au pouvoir de Hollande. Lui et ses amis savent qu’elle ne rapportera pas plus que quelques centaines de millions d’euros.

C’est donner la preuve d’un aveuglement suicidaire : on s’obstine en effet, pour un profit quasiment nul, à provoquer la fuite des capitaux. Ce qui advient. L’argent s’en va et, avec lui, une partie de la richesse nationale. L’insulte aux fuyards, de surcroît mal ciblée, vient ajouter à la bêtise. L’affaire devient comique. On se ridiculise. On ridiculise la France. Là-dessus, le Conseil constitutionnel retoque la mesure, au motif qu’elle n’était pas légale. Avec une naïveté déconcertante, Moscovici s’étonne : « Nous pensions que la loi était juridiquement fondée ! » Est-ce du culot, ou sont-ils nuls à ce point ? Le fiasco est total, l’Europe s’esclaffe, Poutine après Cameron nargue la France. Et que dit Hollande ? Il affirme sa « sérénité ».

Tradition socialiste

Soyons rassurés, notre président est serein. Il proclame la confiance qu’il continue de se porter à lui-même. Il balaie d’un revers de main les prévisions pessimistes que les experts s’accordent à établir concernant la croissance. Il fait le pari d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année. Le problème de la réduction du déficit public n’en est sans doute plus un puisqu’il n’en parle plus ! Et hier, il fait dire qu’aucun impôt nouveau ne sortira plus du chapeau jusqu’à la fin du quinquennat, comme si par enchantement la gauche de la gauche allait accepter demain le train de réduction des dépenses publiques que la nécessité va imposer. Bref, tout va pour le mieux, on va pouvoir procéder aux grandes réformes que la France attend avec impatience et dont le socialisme entend laisser la trace dans l’histoire.

À ce propos, on observera que la réforme de l’État dont on faisait grand cas il y a encore peu de temps et à propos de laquelle la commission Jospin a accompli un travail important a perdu son caractère prioritaire. On espérait qu’elle serait le grand oeuvre de ce quinquennat, mais on ne se faisait pas trop d’illusions : les socialistes ne sont courageux que lorsqu’il s’agit d’établir l’égalité devant l’argent. Rénover les institutions, moderniser les structures administratives, c’est autre chose, surtout lorsque leurs intérêts et leurs acquis sont en cause. Il y a mieux à faire, plus facile, plus rentable et mille fois plus important.

On veut parler du mariage pour tous. Cela va être la grande affaire de l’année, du quinquennat et du siècle. Inespéré. L’arbre qui cache la forêt. C’est parti. La stratégie est en place. L’opération se révèle moins facile que ses promoteurs ne l’espéraient. Aussi, pour esquiver le débat, le pouvoir vient-il de se livrer à une sournoise manoeuvre initiale, bien dans la tradition socialiste : le mauvais procès à l’adversaire. Au mépris des libertés, le ministre Peillon réveille les mânes du petit père Combes. Cela promet. Etc. Etc. Etc. Voilà comment la France est gouvernée.

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ERWITTGEORGES le 07/01/2013 à 09:55

Juste un très mauvais moment a passer…

… Réfléchissez !… De Mélenchon a Fabius en passant par Montebourg et Aubry tous nous avaient prévenu des « capacités » de Hollande et de leur crainte de voir cet homme présenter sa candidature a une élection présidentielle… Ces « camarades socialistes » savaient parfaitement a quoi s’en tenir sur la valeur politique d’un homme incapable de rétablir les finances d’une Corrèze mise a sac par la droite et surtout grand diviseur de la gauche lorsqu’il était a la tête du partis socialiste… Son élection ne repose que sur la haine de Sarkozy de la part de français ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez et sur l’apport de voix du lobby homosexuel qui aujourd’hui réclame le renvois d’ascenseur ou celui du vote immigré qui réclame aussi son du… Ce n’était pas faute d’avoir été prévenu par ses propres « camarades » de l’incapacité de cet homme a affronter les problèmes d’un pays alors qu’il n’a pas été capable de faire face a ceux d’un département… Il est aujourd’hui a la tête de notre pays et va surement en accentuer la ruine… Il faudra penser a remercier tous ceux qui ont voté pour cet ersatz de DSK !…

matahira le 07/01/2013 à 09:55

Pas besoin de Tesson pour le savoir

Regardez simplement dans tous les médias, de France et du monde. Regardez sur internet, tout ce qu’il s’est déjà dit sur Hollande. C’est clair qu’aujourd’hui, la France a pris un sacré coup dans sa crédibilité. Quand on voit Hollande participer à de grandes réunions avec des dirigeants de différents pays, qu’il a la cravate de travers, qu’il emprunte la petite porte réservé au personnel pour arriver devant tout le monde parce-qu’il est paumé, dans le bâtiment ainsi que dans la vie, et que ça fait rire l’ensemble des personnes présentes, c’est clair que le monde se moque de nous et c’est tout à fait normal.
Si au moins il gouvernait correctement, même pas ! Il de comporte comme il s’habille… Le monde entier s

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