Dix choses que vous ne savez pas sur François Hollande

Alexandre Seba

Réagissez !Le 17/10/2011 –

Vainqueur des primaires, François Hollande vient de débuter officiellement sa campagne pour les élections présidentielles de 2012. Mais connaît-on vraiment tout sur ce discret candidat socialiste ? Découvrez dix choses que vous ignorez sur le parcours du favori du PS !

Un père proche de l’extrême droite

Né le 12 août 1954 à Rouen (Seine-Maritime), François Hollande est le fils de Nicole Tribert, assistante sociale, et de Georges Hollande, médecin ORL mais aussi… proche de l’extrême droite (selon le livre de Serge Raffy, « Itinéraire secret« ).

Ce père de famille autoritaire, a été candidat malheureux à deux reprises aux élections municipales de Rouen : en 1959 sur une liste d’extrême droite, puis en 1965, en tête d’une liste de « rénovation et d’expansion », à la composition sulfureuse. Celle-ci comprenait des anciens membres de l’OAS (Organisation de l’armée secrète, une organisation française politico-militaire clandestine) et des élus soupçonnés d’avoir collaboré durant la Seconde Guerre mondiale. Georges Hollande lui-même ne cache pas son ardeur contre l’indépendance de l’Algérie et le général de Gaulle, ni sa sympathie pour le maréchal Pétain.

©PHOTOPQR/Sud Ouest/Leoty Xavier

Sur les bancs de l’école avec Christian Clavier

De 4 à 11 ans, le petit François est élève chez les Frères des écoles chrétiennes Saint Jean-Baptiste de La Salle à Rouen. Plus tard, sa famille déménage à Paris. A 14 ans, Hollande se retrouve au lycée Pasteur. Ses copains de classe se nomment alors Christian Clavier, Thierry Lhermitte, bientôt rejoints par Gérard Jugnot et Michel Blanc qui montent alors la troupe du Splendid mais… sans lui. Le jeune lycéen préférera exercer ses talents d’orateur dans un autre domaine : la politique.

Aux côtés des « cocos »

Après avoir milité à gauche dès le lycée et fréquenté les bancs d’HEC (Hautes études commerciales), Hollande rentre à Sciences Po Paris. Il rallie alors l’Unef-Renouveau (Union nationale des étudiants de France), proche du Parti communiste. C’est l’époque où il traîne à la cafétéria pour convaincre de nouveaux adhérents de le rejoindre. A l’approche des élections syndicales, en 1974, l’Union le désigne comme représentant. N’étant pas trop marqué politiquement ni communiste, il arrive à séduire au-delà de son camp. Une sorte « d’idiot utile » que l’on croit pouvoir manipuler en simple pion. Mais Hollande, de son côté, en profite pour se constituer sa bande et monter ses réseaux…

Rencontre avec le PS grâce à sa fiancée

La fiancée de François Hollande à Sciences-Po s’appelle Dominique Robert. C’est aussi la nièce du député PS du Calvados, Louis Mexandeau. Lui-même un proche de François Mitterrand. A 19 ans, Hollande en profite pour se rapprocher du futur président de la République socialiste, dont il deviendra plus tard le conseiller sur les questions économiques.
©PhotoPQR/Le Républicain Lorrain

Dispensé du service militaire pour cause de myopie

(Tire au flan ?)

En 1976, lors de ses « trois jours » au Fort de Vincennes, il est dispensé de service militaire à cause de sa myopie. Mais il refuse d’obéir à cette dérogation qui pourrait bloquer sa carrière politique. Il insiste, fait des pieds et des mains pour pouvoir rentrer dans l’armée, allant jusqu’à saisir le ministère de la Défense. Il obtient finalement gain de cause et effectue son service.
©PhotoPQR/Nice Matin/Dylan Meiffret

Des compagnons d’armée futures élites de la Nation

Durant ses classes à l’école des officiers de Coëtquidan, dans le Morbihan, François Hollande partage sa chambrée avec de futurs notables : Jean-Pierre Jouyet, directeur de l’Autorité des marchés financiers ; Michel Sapin, son actuel conseiller économique, député de l’Indre et maire d’Argenton-sur-Creuse ; Henri de Castries, président d’AXA et proche de Nicolas Sarkozy ; Jean-Michel Lambert, vice-président du Tribunal d’instance du Mans.
©Jan-Peter Kasper/DPA/MaxPPP

Rencontre glaciale avec Ségolène

Durant ses études à l’ENA (Ecole nationale d’administration), de 1978 à 1980 (promo Voltaire), Hollande pointe du doigt une injustice : pendant leurs stages, certains élèves sont bien moins lotis que d’autres (qui bénéficient de nombreux avantages matériels…). Pour favoriser l’égalité des étudiants, Hollande crée avec d’autres le Carena (Comité d’Action pour la Réforme de l’ENA). Une mesure à laquelle s’oppose fermement une seule camarade : Ségolène Royal. Celle que l’on surnomme « Miss Glaçon » confirme ainsi sa réputation de nantie, en stage sous les cocotiers de la Martinique, avec maison et voiture de fonction, gardien, femme de ménage, etc… Très mal vue par la promo, elle écrit alors à son principal accusateur : « Si l’on doit tout remettre à plat, alors il faut prendre également en compte la scolarité depuis le bac. » Car en fin de compte, Royal n’est pas la grande bourgeoise que l’on croit et, contrairement à d’autres, s’est payée ses études elle-même. Hollande apprendra bientôt à mieux la connaitre…
© tranchesdeweb.com

« Conseiller fantôme » de Jacques Attali

En mai 1981, Jacques Attali, sherpa de Mitterrand pour les sommets internationaux, a droit à deux conseillers officiels et à deux « conseillers fantômes » : il s’agira pour ces derniers de Ségolène Royal et François Hollande. La même année, le jeune énarque de 26 ans est envoyé en Corrèze pour contrer Chirac aux législatives. Ce dernier dira alors que François Hollande est encore moins connu que « le labrador de Mitterrand » ! Hollande est vaincu dès le premier tour, mais remporte tout de même 26 % des voix.
©PhotoPQR/La Montagne / Agnès Gaudin

Hollande se fait passer pour un auteur

En 1983 sort un livre étrange : « De la reconquête  » est un brûlot contre la droite, soi-disant rédigé par l’un de ses leaders, surnommé Caton (pour préserver son anonymat). Or cet ouvrage a en fait été écrit par le journaliste André Bercoff, sous commande de Jacques Attali et du président Mitterrand pour plomber leurs adversaires.
Interviewé par téléphone sur France Inter, François Hollande se fera passer pour ce fameux Caton, qui n’existe pas. Il déclare :  » La vérité, c’est tout simplement que le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr. Et ceux qui laissent entendre que nous pouvons, c’est-à-dire nous la droite, revenir au pouvoir dans les mois qui viennent, ou même dans les deux années qui viennent se trompent, et trompent les Français. »

© shutterstock.com

Un couple de façade pour la Présidentielle 2007

Après s’être rencontrés à l’ENA, François Hollande et Ségolène Royal vont parcourir la vie politique main dans la main, dans tous les sens du terme. Le couple entre ensemble à l’Elysée, comme conseillers de François Mitterrand puis à l’Assemblée nationale. Lui est Elu de Corrèze, elle des Deux-Sèvres. Mais c’est seulement Ségolène qui décrochera les ministères : celui de l’écologie, en 1992, sous le gouvernement Bérégovoy, puis sous Jospin, l’Enseignement scolaire (1997), et enfin la Famille (2000). Pendant ce temps, Hollande doit « se contenter » de diriger le PS… Et s’éclipser encore derrière Ségolène, la candidate officielle du parti pour la présidentielle de 2007. Au lendemain de sa défaite contre Nicolas Sarkozy, le couple (seulement maintenu pour la compagne) se sépare officiellement.

©PhotoPQR/Le Parisien

A lire aussi:
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Portrait de jeunesse 16/10/2011 à 20h38

Douze trucs à savoir sur la jeunesse de François Hollande


François Hollande lors des élections législatives de 1997 (Charles Platiau/Reuters)

Le journaliste du Nouvel Observateur Serge Raffy dresse un portrait riche du candidat à l’Elysée dans « François Hollande : itinéraire secret » (Fayard, septembre 2011).

Il l’attaque par son versant humain plus que par son versant politique. Et raconte notamment ses débuts, qui éclairent en partie sa course politique.

Voici douze épisodes peu connus sur les origines et la jeunesse du candidat.

1

Sa famille vient de Hollande

 

D’où vient le nom de François Hollande ? Il descend de rebelles calvinistes hollandais, réprimés par Madrid au XVIe siècle et qui se sont installés à Plouvain, dans le Pas-de-Calais. Les généalogistes locaux ont retrouvé un « Hollande » dès 1569 : il était valet de meunier.

2

Il a été élevé chez les frères

 

De 4 à 11 ans, Hollande est élève chez les Frères des écoles chrétiennes Saint Jean-Baptiste de La Salle à Rouen.

3

Son père était d’extrême droite

 

George, qui dirige une clinique ORL, a été candidat malheureux en 1959 et en 1965 aux élections municipales de Rouen, sur une liste d’extrême droite. Il soutient l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien camelot du roi, croix-de-feu.

Il a affiché des sympathie pro-OAS et déteste le général de Gaulle. « Georges, en 1944, a été mobilisé quelques mois et garde de cette période une certaine fidélité au maréchal Pétain », écrit Raffy.

La mère de François Hollande se sent, elle, proche de la gauche.

4

Ses copains de lycée : Christian Clavier, Thierry Lhermitte…

 

A 14 ans, il déménage de Rouen vers Neuilly-sur-Seine. Au lycée Pasteur, il compte parmi ses bons copains de classe Christian Clavier et Thierry Lhermitte. En première, Gérard Jugnot et Michel Blanc rejoindront la classe. Quand ils montent une troupe lycéenne, Hollande ne les suit pas. Il est trop sérieux pour cela. La troupe deviendra « Le Splendid ». Hollande, avec un autre choix, aurait peut-être terminé dans « Les Bronzés »…

5

L’étudiant Hollande a flirté avec les communistes

 

A Sciences-Po, François devient militant à l’Unef-Renouveau, proche du PC, et se présente comme sympathisant de l’Union des étudiants communistes. Il est le parfait « compagnon de route » du PC. Mais son grand homme est François Mitterrand, qui prépare le programme commun.

6

Il a approché le PS via l’oncle de sa petite amie

 

Sa fiancée à Sciences-Po s’appelle Dominique Robert. C’est la nièce du député du Calvados Louis Mexandeau, un proche de François Mitterrand. Il se rapproche de lui ; il a 19 ans.

7

Il refuse d’être exempté de service militaire

 

Lors de ses « trois jours » au Fort de Vincennes, en 1976, il est exempté de service militaire à cause de sa myopie. Mais il refuse cet état de fait, qui pourrait bloquer sa carrière politique. Il fait des pieds et des mains pour que cette décision soit annulée, allant jusqu’à saisir le ministère de la Défense. Il a finalement gain de cause.

8

Sa chambrée à Coëtquidan était pleine de futures célébrités

 

En janvier 1977, il doit faire ses classes (deux mois) à l’école des officiers de Coëtquidan, dans le Morbihan. Sa chambrée de dix lits comptait, entre autres :

  • Jean-Pierre Jouyet, futur secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes des gouvernements François Fillon, aujourd’hui directeur de l’Autorité des marchés financiers ;
  • Michel Sapin, future ministre des Finances, aujourd’hui conseiller économique de Hollande ;
  • Henri de Castries, aujourd’hui président de l’assureur AXA, proche de Nicolas Sarkozy ;
  • Jean-Michel Lambert, qui sera le juge d’instruction controversé de l’affaire Grégory, actuellement vice-président du tribunal d’instance du Mans.
9

A l’ENA, il surnomme Ségolène Royal « Miss Glaçon »

 

Hollande et Royal se rencontrent à l’ENA. Elle refuse de participer à une caisse de péréquation au profit des étudiants les plus désavantagés. Il la prend alors pour une « nantie », ce qu’elle n’est pas, loin de là. Avec ses copains, ils la surnomment « Miss Glaçon ». Ce n’est qu’au cours d’un stage réalisé avec elle dans une cité HLM de banlieue, « La Noé », à Chanteloup-les-Vignes, qu’ils vont devenir amis.

10

Il entre à l’Elysée comme conseiller fantôme de Jacques Attali

 

En mai 1981, Jacques Attali, sherpa de Mitterrand pour les sommets internationaux, a droit à deux conseillers officiels, des quadras rémunérés sur le budget de l’Elysée, Jean-Louis Bianco et Pierre Morel ; et à deux conseillers officieux : de jeunes hauts fonctionnaires rémunérés par leurs corps d’origine, tribunal administratif et Cour des comptes : Ségolène Royal et François Hollande.

11

Chirac l’a comparé au labrador de Mitterrand

 

En juin 1981, il est envoyé comme candidat contre Jacques Chirac aux élections législatives en Corrèze. Autant dire au casse-pipe. Il a 26 ans. Chirac déclare alors que son adversaire est encore moins connu que « le labrador de Mitterrand ». A la surprise générale, Hollande perd l’élection d’assez peu.

 

Hollande affronte Chirac en 1981
12

Il se fait passer pour Caton, auteur d’un pamphlet téléguidé

 

En 1983, Hollande a 29 ans, il est directeur de cabinet de Max Gallo, porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy. Mitterrand a une idée machiavélique : faire écrire un pamphlet par un prétendu leader de droite, mais qui se cacherait derrière un pseudonyme, Caton, et qui en réalité discréditerait la droite.

Le journaliste André Bercoff accepte de tenir la plume ; le livre s’appelle « De la reconquête ». Pour ne pas qu’on reconnaisse Bercoff, Hollande accepte de prêter sa voix pour une interview de « Caton » à France Inter. Il déclare :

« La vérité, c’est tout simplement que le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr. Et ceux qui laissent entendre que nous pouvons, c’est-à-dire nous la droite, revenir au pouvoir dans les mois qui viennent, ou même dans les deux années qui viennent se trompent, et trompent les Français. »

Un extrait sonore déterré par « Le Grand Journal » de Canal+ en 2008.

Hollande se faisant passer pour Caton
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