Nucléaire

Que disent les présidentiables de 2012 ?

Depuis les événements tragiques de Fukushima, la question du nucléaire est revenue en première ligne du débat politique. Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Marine Le Pen, Nicolas Hulot… tous les présidentiables ont exprimé leur position. Petit tour d’horizon avec 2012 en ligne de mire.

les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson sur le devant de la scène


Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, lors du Conseil des ministres du mercredi 16 mars, a réaffirmé publiquement son attachement à la politique énergétique nucléaire française: « Je demeure convaincu de la pertinence de [ce] choix » qui est un « élément essentiel de l’indépendance énergétique ». Il a par ailleurs vanté « l’excellence technique, la rigueur, l’indépendance et la transparence de notre dispositif de sûreté [qui] sont reconnues mondialement ».

Les opposants au nucléaire ont fortement réagi à ces affirmations du chef de l’Etat. Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, a accusé Nicolas Sarkozy de « privilégier la santé de l’industrie nucléaire à celle des Français ». « Ce sont les Français qui doivent décider si la France doit ou non continuer de recourir à cette énergie hautement dangereuse, et pas un président en fin de quinquennat et à bout de souffle », a ajouté le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, François Mativet.

Le porte-parole du gouvernement et Ministre François Baroin a suggéré aux opposants au nucléaire d’attendre les élections de 2012 pour remettre sur la table un débat qui n’a selon lui pas lieu d’être aujourd’hui : « Si ça doit être au cœur du débat public de la part de certains, certains porteront ces choix. »

Le 17/03/2011 – Benjamin Quesnel

Dominique Strauss-Kahn

Dans La Flamme et la Cendre, on peut lire les phrases suivantes :
« Je ne crois pas que l’humanité renoncera à l’énergie nucléaire. J’irai plus loin : je ne pense pas qu’il soit souhaitable qu’elle y renonce. […] C’est pourquoi je propose que les pays développés, ceux en tout cas qui disposent de cette culture de la qualité en matière industrielle et qui cultivent l’objectif du « zéro défaut », fassent l’effort nécessaire pour développer, sur leur territoire, une production importante d’électricité d’origine nucléaire. »

Un proche de Dominique Strauss-Kahn rajoute: « il a aussi toujours été très attaché à la sécurité des installations et à la transparence sur ces questions. »

Marine Le Pen

« Le nucléaire est l’élément essentiel de notre indépendance énergétique ». Marine Le Pen ne déroge pas aux positions du parti en matière de nucléaire. De fait, elles sont claires et sans détour : « Reculer sur le nucléaire au moment où nous sommes entrés dans l’après-pétrole apparaît totalement fou, sauf à revenir au Moyen Age. Il faut au contraire accélérer les investissements dans le nucléaire. »

Cependant, elle se déclare ouverte à la possibilité d’un référendum, qui permettrait de libérer « vérité et information entre les autorités publiques et le peuple français ». Elle rajoute également vouloir une « grande campagne de sensibilisation et d’information aux risques civils ».

Martine Aubry

Concernant le nucléaire, Martine Aubry a fait deux réclamations. Elle veut premièrement « un audit de l’ensemble des centrales nucléaires, notamment des plus anciennes », « une transparence qui n’a jamais eu lieu jusqu’à présent » que complèterait un « débat » public.

Au sujet de ce débat, que Nicolas Sarkozy a rejeté, la Première secrétaire du PS rajoute : « nous le porterons avec nos amis Verts et, en 2012, nous ferons une proposition d’une réelle politique énergétique pour la France et pour l’Europe ».

Les Verts lui ont néanmoins reproché de tourner le dos à un référendum pur et simple. En effet elle ne cache pas son scepticisme. Il faut déjà, selon elle, « savoir ce qu’on veut poser comme question aux Français ». « On ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain, personne ne le demande et tout le monde sait que, de toute façon, [il faudra] vingt ans ou trente ans ».

Elle reproche au gouvernement d’avoir « renoncé (…) à mettre en place les filières des énergies renouvelables ». Pour elle, c’est aujourd’hui un impératif: « Nous devons porter ces filières industrielles pour pouvoir avoir un « mix » énergétique qui soit différent par la suite ».

Dominique de Villepin

Le candidat potentiel de République solidaire a été très bavard sur la question du nucléaire. L’ancien Premier ministre a en effet mis l’accent sur les garanties.

Il est pour assurer « l’indépendance » de l’Autorité de sécurité nucléaire, garantir un « contrôle strict » des prestataires et « un engagement de financement d’EDF pour l’entretien des centrales et la prévention des risques sismiques ».

Il a également parlé de faire passer « de 80 % à une perspective de 50 % » la part du nucléaire dans la production électrique. En réaction aux événements au Japon, il demande que soit organisée une « conférence internationale scientifique à l’initiative de la France », puis un « Grenelle de l’énergie » qui équivaut à un débat national, et pourrait déboucher sur un référendum.

François Bayrou

François Bayrou s’est exprimé en ces termes concernant la question du nucléaire français : « La réflexion doit mettre en cause le choix 100 % nucléaire qui avait été celui de la France ». Sur Canal+ mercredi 16 mars, il disait vouloir débattre en priorité sur « les centrales les plus anciennes en France ».

Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Modem, prévient que François Bayrou « n’est pas un forcené constitutionnel de l’antinucléaire ». Il rajoute : « Il faudra remettre à plat cette question à travers celle de toutes les politiques énergétiques. » Ne s’étant pas prononcé sur la question du référendum, François Bayrou consulterait en ce moment des experts pour affirmer son positionnement pro ou anti.

Eva Joly

En bonne candidate potentielle du Parti écologiste, Eva Joly se prononce en faveur d’un grand débat public. S’inspirant de la démarche allemande, elle prétend qu’une sortie progressive du nucléaire en une vingtaine d’années est réalisable. Une occasion de relancer également le développement des énergies renouvelables: « il y a d’autres solutions que nous ne prenons pas ».

Le nucléaire est à ses yeux « un risque qui n’est pas utile ». En revanche, contre l’avis de Nicolas Hulot, elle n’envisage pas de référendum préalable à un débat public, mais bien après

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, dont la candidature à la présidentielle reste une éventualité plus que probable, s’insurge contre le nucléaire qui selon lui « ne peut pas en l’état être la réponse [aux] besoins énergétiques ». Il « doit faire l’objet a minima d’un débat national, d’un référendum. On voit bien que quand il y a une paille dans le système, on est complètement dépassé par les événements. »

Il en a profité pour se positionner en opposant notoire contre la politique gouvernementale en termes d’énergie. « Les récents choix du gouvernement français, notamment sur les énergies renouvelables et principalement le photovoltaïque, révèlent l’absence d’une réelle vision en matière énergétique », a-t-il déclaré.

Crédits photo: © Olivier Tetard Wikimediacommons

Jean-Luc Mélenchon

Le présidentiable vedette du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, est certainement l’un des politiques les plus hostiles au nucléaire. « Sortir du nucléaire est un impératif. Cela demandera du temps. Raison de plus pour ne pas retarder les décisions. »

Cette position radicale contraste avec celle du PCF, exprimée par son secrétaire national et potentiel candidat, Pierre Laurent (voir page suivante).

Pierre Laurent

Le PCF ne cache pas son positionnement éloigné de celui du potentiel candidat du Front de Gauche. Voici ce qu’en dit Pierre Laurent : « Nous avons un désaccord avec Jean-Luc Mélenchon sur la sortie du nucléaire. Il est pour. Nous, au PCF, nous pensons que la sortie des énergies carbonées nécessite pour la remplacer un « mix » énergétique dans lequel un nucléaire entièrement public et mieux sécurisé va garder encore longtemps une place. »

Sources : Les Echos
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Nucléaire : les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson sur le devant de la scène

Le 17/03/2011 – Benjamin Quesnel

Réagissez !

Depuis les événements tragiques de Fukushima, la question du nucléaire est revenue en première ligne du débat politique. Nicolas Sarkozy est resté ferme et exclut un débat national ou un référendum. Il n’empêche que les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie) et Eric Besson (Industrie) se mobilisent pour suivre les événements au Japon et les risques potentiels

Nicolas Sarkozy reste ferme sur la question du nucléaire français
Nicolas Sarkozy, lors du Conseil des ministres du mercredi 16 mars, a réaffirmé publiquement son attachement à la politique énergétique nucléaire française: « Je demeure convaincu de la pertinence de [ce] choix » qui est un « élément essentiel de l’indépendance énergétique ».
Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson très inquiets sur le Japon, mais confiants pour la France
Mardi 15 mars, les deux ministres ne cachaient pas leurs inquiétudes sur la situation au Japon. Convoqués à Matignon pour une réunion de crise, ils s’étaient alors exprimés en termes peu confiants. Nathalie Kosciusko-Morizet avait déclaré : « On s’achemine vers une catastrophe nucléaire » dans ce pays, car « il y a un risque de déconfinement sur le réacteur numéro deux » de la centrale de Fukushima, avant d’ajouter: « c’est le pire scénario ».
Eric Besson avait lui déclaré que le Japon était « sur le chemin » de la catastrophe nucléaire, jugeant la radioactivité dans la zone à un niveau « extrêmement inquiétant ».
Mercredi 16 mars, le Président de l’Assemblée nationale a invité les ministres de l’Industrie et de l’Ecologie à s’exprimer aux côtés des représentants de la filière nucléaire. Ce fut l’occasion pour les deux ministres de rassurer les élus sur la situation du parc nucléaire français, et d’annoncer qu’à l’exemple de l’Allemagne, les plus anciennes centrales subissaient un contrôle de sécurité.
Rassurer les Français sur les risques liés à Fukushima
« Le scénario du pire est possible et même probable ». Pour la première fois, la Ministre de l’Ecologie a évoqué les risques potentiels pour la France, si les problèmes n’étaient pas réglés à Fukushima. Mentionnant les retombées sur une grande partie de l’hémisphère nord « si on va au bout du scénario catastrophe », Nathalie Kosciusko-Morizet a parlé d’exposition pour Saint-Pierre-et-Miquelon, et non forcément le Pacifique sud. En revanche, elle a assuré que l’exposition subie dans le pire des cas « y compris, dans de petites proportions, en France métropolitaine » ne seront « jamais des niveaux qui poseraient des problèmes sanitaires pour les Français »

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